René François Xavier Prinet (Vitry-le-François, 1861 - Bourbonne-les-Bains, 1946)

Peintre de la modernité, Prinet sait créer une atmosphère élégante. Parties de billards, plages à Cabourg ou déjeuners sur l’herbe révèlent son goût pour l’anecdote et font parfois songer aux scènes décrites par Proust.

Biographie de René Xavier Prinet

Biographie de René François Xavier Prinet

René François Xavier Prinet (Vitry-le-François 1861-Bourbonne-les-Bains 1946), peintre et graveur, Paris.
Issu d'une famille de notables francs-comtois (les notaires Prinet originaires de Luxeuil-les-Bains), René-Xavier Prinet est le fils d'Henri Prinet (né en 1824) d'abord magistrat à Paris puis procureur impérial à Vitry-le-François et juge d'instruction. Son oncle Gaston Prinet (1858-1933) est ministre des Affaires étrangères (Tokio, Athènes, Munich, Copenhague, Berlin). Nommé à Paris, Henry habita avec sa famille rue Bonaparte à deux pas de l'École des beaux-arts, à laquelle René-Xavier semblait destiné. Son père était un peintre amateur (une Vierge à l'Enfant est visible dans l'église de Suaucourt, Haute-Saône) et il était disposé à ce que son fils acquit une formation artistique. Il lui fit recevoir les conseils du peintre Louis-Charles Timbal (1821-1880) qui s’est adonné à peu près exclusivement à la peinture religieuse, à la suite de Flandrin pour les églises de Paris. Par sa grand-mère maternelle, René-Xavier Prinet est apparenté aux peintres de la Cour Hubert Drouais (1699-1767) et François-Hubert Drouais (1727-1775), quelques unes de leurs œuvres étant conservées par la famille.
René-Xavier Prinet se rend à l'Académie Julian chez Jules Lefebvre et Gustave Boulanger, puis rentre vers 1880, dans l'atelier de Jean-Léon Gérôme à l'École des Beaux-Arts de Paris, lorsque celui-ci est au sommet de sa gloire. Il resta chez le maître jusqu'en 1885. Il se lia alors avec les peintres francs-comtois Georges Griveau, Louis-Auguste Giradot, Félix Desgranges et Jules-Alexis Muenier.
Il s’installe impasse du Maine en 1887.
Son tableau "Jésus Enfant" est son premier tableau accepté au Salon des artistes français en 1885. Il exposera à ce Salon jusqu'en 1889. Il expose principalement des « intérieurs », des portraits et des paysages au Salon des Artistes français à Paris entre 1885 et 1889, puis à la Société Nationale des Beaux-Arts de 1890 à 1922. Il est médaillé d'or en 1890 à l'Exposition universelle.
En 1891, il reçoit une commande de l'État pour la décoration du Palais de la Légion d'honneur pour le salon des Muses: "Les Quatre Saisons".
En 1894, il épouse Jeanne Jacquemin et passe à partir de ce moment-là ses vacances à Cabourg, dans la villa de ses beaux-parents. Le peintre y est voisin de Marcel Proust et sa peinture témoigne de la vie mondaine et familiale dans ce lieu de villégiature à la mode. Son œuvre retranscrit de manière enjouée l'atmosphère de la Belle-Epoque.
Prinet est chargé de la décoration du musée d'Art moderne de l'époque. En 1896, il expose "Une vue de Bourbonne", en 1898 "Les vignes à Saucourt" et "Les rues à Saucourt".
Prinet prend part à la formation du groupe de la bande noire les années 1890-1900, avec Lucien Simon, René Ménard, André Dauchez et Charles Cottet, alors que Georges Desvallières un ami rencontré à l’Académie Julian se lance lui dans l’aventure du Salon d’Automne. Mais leur orientation différente ne les empêche pas d’entreprendre ensemble des voyages à Londres, Venise et en Espagne, de découvrir, avec leurs épouses et d’autres amis artistes, les richesses culturelles et les paysages de ces nouveaux horizons, base de leurs compositions artistiques. Sur le plan familial, les Prinet, qui n’ont pas d’enfants, reçoivent comme les leurs les enfants Desvallières. Les séjours passés au Double-Six, propriété normande où l’été venu les Prinet ouvrent leurs portes à la famille Desvallières, forment aussi leurs meilleurs souvenirs, ce sont des moments bénis : « Cabourg reste parmi les temps les plus heureux de ma vie, soyez-en remerciés tous les deux. » écrira Marguerite à Jeanne Prinet en 1915, au moment de la mort de son fils Daniel au front d’Alsace.

Au salon à Luxeuil, réunion chez les Desgranges de Xavier Prinet

Au salon à Luxeuil, réunion chez les Desgranges
(Huile sur toile, 134 x 175 cm)
Musée de Luxeuil

Le peintre a réuni ses amis fidèles dans sa toile "Au salon à Luxeuil". Nous retrouvons ainsi : de dos, à droite, le peintre Félix Léopold Desgranges (1860 - 1942); lui faisant pendant, à gauche, lisant : Robert Cornille ; au centre du tableau, assise, l'artiste australienne Bessie Davidson; à côté d'elle, l'entourant, Jeanne Prinet, femme de l'artiste; de profil au piano, Madame Blavier (née Desgranges) ; debout à côté d'elle, en chapeau, Madame Félix Desgranges.
Bessie Davidson (1879-1965) était une artiste peintre australienne. Elle fréquentait à Montparnasse l'atelier de la Grande Chaumière où elle deviendra l'élève de René-Xavier Prinet. En 1908, la 'National Gallery of South Australia' a acheté le portrait que Bessie Davidson a réalisé de son amie Gladys Reynell. Cette toile est typique de son travail de début, dans le style classique de son maître, René Xavier Prinet.

Comme Proust, René Xavier Prinet témoigne de sa vie mondaine et familiale dans ce lieu de villégiature de Cabourg. Dans ses dessins pris sur le vif lors de promenades sur la digue et la plage de Cabourg, il croque baigneurs, enfants et cavaliers. A partir de ses croquis, dessins et photographies, il crée des toiles dans son atelier à Bourbonne-Les-Bains ou à Paris. Son œuvre dessiné retranscrit de manière enjouée l'atmosphère de la Belle-Epoque. Prinet adhère à la « Société nouvelle » et expose à la Galerie Georges Petit à Paris entre 1900 et 1916. Il participe à la décoration de la basilique Saint-Ferjeux à Besançon dont la construction s'est achevée en 1901.
Une de ses œuvres les plus connues, "La Sonate à Kreutzer", est exposée en 1901 à l'exposition "L'Art français contemporain" à Stuttgart où elle sera vendue au Prince Régent de Bavière.


À partir de 1904, Prinet enseigne à l'Académie de la Grande Chaumière qu'il a fondée avec le peintre Lucien Simon et le sculpteur Antoine Bourdelle.
De l’amitié précoce qui lia les deux jeunes artistes, il subsiste un Portrait de Bourdelle (musée de Belfort) par l’artiste de la « Bande noire ». En retour, Bourdelle réalisa plusieurs effigies de l’épouse de son ami – Jeanne Prinet, née Jacquemin – qui sont autant de variations autour d’une même matrice et dont ce buste récemment acquis est, après une première "Etude de tête, profil en haut relief" en 1898, l'ultime investigation.

Plaque à L'Académie de la Grande Chaumière à Paris

Plaque à L'Académie de la Grande Chaumière à Paris

Lettre de Bourdelle à René-Xavier Prinet, 15 décembre 1899
« [...] Je serai (sic) très heureux si vous pouvez venir bientôt aussi me voir, nous sommes parfois huit à l’atelier où d’énormes et d’autres délicats travaux s’exécutent. J’ai quelque peu l’air d’un chef d’orchestre en donnant à tout ce petit peuple d’artistes des modèles et des coups d’ébauchoir.»

Artiste mondain, il parcourt l'Europe en compagnie de sa famille et de nombreux amis. Plusieurs croquis et tableaux représentant différents lieux de Tivoli témoignent de la fascination que dut exercer le site sur Prinet. Notre toile représente la fontaine de l'Orgue et la cascade qui en découle. Une incroyable poésie se dégage de cette toile que l'artiste affectionnait particulièrement
Membre de la Société des Pastellistes français en 1912, Xavier Prinet sera l'année suivante membre du jury du Carnegie Institute de Pittsburgh. Ses tableaux "Les Cavaliers" et "Intérieur de salle à manger" sont présentés à cette occasion.
Il peint la réception d'Albert Besnard à l'Académie des beaux-arts en 1912.
Prinet, est envoyé en mission pendant la 1ère guerre, mais il ne rapportera qu'une version atténuée des conditions de vie : pas question pour l'armée d'affaiblir encore le moral des troupes. Prinet se démène pour organiser expositions et tombolas au profit des familles des artistes mobilisés. Lui-même est envoyé en mission au printemps 1917 par le sous-secrétaire aux Beaux-Arts comme peintre aux armées dans les régions de Gérardmer, puis de Noyon, dans l'Oise. C'est dans les Vosges qu'il a réalisé sa toile "La Relève" ou "Chemin muletier dans les Vosges". Il y montre, la relève, au beau milieu de la guerre 1814-18. Il fait si froid que le vin gèle dans les bouteilles.
En 1920, il expose avec René Ménard, Lucien Simon, Edmond Aman-Jean et Albert Besnard au 1er Salon des artistes français de Bruxelles. La même année, il expose à nouveau à Pittsburgh à la 21e exposition. Il réalise l'illustration du Roman d'un Spahi de Pierre Loti.
En 1923, il fonde le Salon des Tuileries à Paris avec Besnard, Bourdelle et Aman-Jean et y expose jusqu'en 1945. Il est fait officier de la Légion d'honneur en 1926.

Professeur à l'Ecole nationale des Beaux-arts, il y crée et dirige le premier atelier de femmes de 1929 à 1931.

René Xavier Prinet entouré de ses élèves



René Xavier Prinet entouré de ses élèves et du modèle aux Beaux-arts de Paris, vers 1929-1931

Initiation à la peinture Initiation à la peinture

Il est l'auteur d'une "Initiation à la peinture" (Paris 1935) et d'une "Initiation au dessin". En 1936, il conçoit les décors du Chant du berceau par Martinez-Sierra pour la Comédie-Française. Prinet expose au Salon Indépendant de la Nationale à la Galerie Charpentier à Paris de 1937 à 1939. Il est élu à l'Académie des Beaux-Arts en 1943 où il succède à Jules-Alexis Muenier.
Il décède dans sa maison de Bourbonne-les-Bains le 26 janvier 1946. Il est inhumé au cimetière de cette ville.

René Xavier Prinet par Henri Evenepoel, vers 1890

René Xavier Prinet par Henri Evenepoel, vers 1890
Pastel
Coll. Part.

Henri Evenepoel est un peintre belge (1872-1899) qui s'installe à Paris en 1992. Il loge chez sa cousine, Louise De Mey, qui sera l'un de ses modèles préférés. Il se forme à l’atelier de Gustave Moreau à l'École des beaux-arts de Paris et y rencontre Henri Matisse, Simon Bussy et Georges Rouault.
Il a réalisé le portrait de René Xavier Prinet comme d'autres portraits, celui notamment de Francesco Iturrino (L'Espagnol à Paris), peintre et son ami, où on y retrouve l’influence d’Edouard Manet.

Illustrations de livres

Il illustra aussi des livres tels "Maman Colibri & l'Enchantement", d'Henry Bataille, "La jeune fille bien élevée" de René Tardiveau, "Eugénie Grandet" d'Honoré de Balzac, "Le Roman d'un Spahi" de Pierre Loti et "Le Crime de Sylvestre Bonnard" d'Anatole France.

 Voir les illustrations de livres, réalisées par René Xavier Prinet 

Bibliographie


- Biographie, œuvres, expositions, notes et références

- Biographie, oeuvres, expositions et Collections publiques

- Généalogie de René Xavier PRINET

- Biographie détaillée de René Xavier PRINET

La page de Cabourg (détail), 1910

La plage de Cabourg (détail), 1910
(Huile sur toile, 94,3 x 150,5 cm)
Musée d'Orsay

La Femme et le Miroir, avant 1912

La Femme et le Miroir, avant 1912
(Négatif monochrome sur support verre, peinture)
(Exposé au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts de 1912)

Autoportrait de René Xavier Prinet

Autoportrait de René Xavier Prinet

Suaucourt de René Xavier Prinet

Suaucourt (Haute-Saône) de René Xavier Prinet


Autoportrait de René François Xavier Prinet, 1910-1912

Autoportrait de René François Xavier Prinet, 1910-1912
(Huile sur carton, 35 x 26,5 cm)
Musée d'Orsay

Portrait de Henri Prinet, magistrat, 1896

Portrait de Henri Prinet, magistrat, 1896
(Huile sur toile, 56 x 47 cm)
Coll. Part.


Portrait de Jeanne Prinet par Edmond Aman-Jean, 1901

Portrait de Jeanne Prinet par Edmond Aman-Jean, 1901
Coll. Part.


La Digue de Cabourg de René-Xavier Prinet, 1925

La Digue de Cabourg, 1925
Belfort, musée d'art et d'histoire


La sonate à Kreutzer, 1901

La sonate à Kreutzer, 1901
(Huile sur toile, 116,8 x 104 cm)
Coll. Part.


Sous la coupole, réception d'Albert Besnard à l'Académie des Beaux-Arts, 1912

Sous la coupole, réception d'Albert Besnard à l'Académie des Beaux-Arts, 1912
(Huile sur toile, 130 x 160 cm)
Coll. Part.


La Relève

"La Relève" ou "Chemin muletier dans les Vosges" de René Xavier Prinet, 1917
(Huile sur bois 140 cm x 200 cm)
Coll. Part.


Vue de la perspective de la villa d'Este, Tivoli, vers 1912

Vue de la perspective de la villa d'Este, Tivoli, vers 1912
(Huile sur toile de forme cintrée en partie supérieure, 160 x 112 cm)
Coll. Part.


Le réveil

Le réveil
(Huile sur toile, 69 x 55 cm)
Coll. Part.


Elégante dame sur un canapé, 1886

Elégante dame sur un canapé, 1886
(Huile sur toile, 73,7 x 91,4 cm)
Coll. Part.